Stargate Atlantis: Réalités Alternatives - Forum RPG

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 Physics 101! [Si Tim ne s'était jamais engagé dans l'armée]

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Tim Creegan
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MessageSujet: Physics 101! [Si Tim ne s'était jamais engagé dans l'armée]   Lun 17 Juin - 9:39

Septembre 2001, San Francisco

Tim se regarda dans le miroir de sa salle de bain, essayant de coiffer ses cheveux indisciplinés sans grand espoir. De toute façon, il n'avait pas besoin d'être tiré à quatre épingles pour son boulot. C'était seulement son premier jour en tant que post-doc à l'université de San Francisco. Il était désormais docteur en physique, enseignant et chercheur à plein temps, et non plus remplaçant ou vacataire... Cela ne l'effrayait pas plus que ça, durant son doctorat, il en avait donné, des cours! Mais... c'était pas pareil.

Bon, tant pis pour les cheveux! Une femme arriva derrière lui, vêtue d'une nuisette transparente. Ses cheveux châtain clair ondulaient, en désordre, et retombaient sur ses épaules. Elle entoura Tim de ses bras et posa la tête sur son épaule gauche. Il eut une belle image dans le miroir. Il sourit.

- T'en fais pas, chéri, tout ira bien. Tu vas les mettre dans ta poche.

Il sourit. Amber était très encourageante. Il la vit se mordiller la lèvre inférieure.

- En fait, t'es même en avance... il n'est pas huit heures.

- J'aime être en avance...

- Oui, enfin, tu ne commence qu'à dix heures... t'as pas besoin de courir...

- Je te vois venir... Je sors de la douche, là...

Elle ne répondit rien... et Tim resta un peu plus longtemps dans l'appartement qu'ils venaient de louer. Et il arriva à l'heure à l'Université pour prendre en charge ses élèves de première année. Amber avait un moyen très efficace de lui changer les idées...

Ils n'habitaient pas très loin de l'Université, à peine quelques stations de tram, et Tim n'avait pas besoin de prendre la voiture, ce qui l'arrangeait bien.

Dans la vitre de la porte qui menait à son amphithéâtre, il vit son reflet. Yeux bleus, peau un peu pâle, cheveux sombres en désordre. Sur l'avis de sa petite amie, il avait abandonné l'idée de mettre une cravate. Ouais, si tu as l'air cool, tu seras cool. Dixit Amber. Il poussa la porte. Il avait encore quinze minutes avant de commencer son introduction officiellement. L'amphi était déjà à moitié plein.

Il posa son sac à dos sur le bureau et prit un marqueur effaçable noir pour noter son nom sur le tableau blanc. Devait-il écrire docteur ou professeur? Sur le moment il eut un doute, puis il écrivit tout simplement Isaac Creegan, puisque sur les papiers officiels il était ainsi dénommé.

Puis il attendit nerveusement la fin du quart d'heure académique, et à dix heures quinze tapantes, il prit la parole.

- Bienvenue en Physique 101. Ceux qui pensent être en Economie 101, vous vous êtes trompés d'amphi... Je m'appelle Isaac Creegan...

Et dire ce nom tout haut lui fit bizarre tant il avait l'habitude d'utiliser son second prénom! Mais passé ce petit moment de flottement, il continua.

-... et je vais vous enseigner les bases de la physique. Les prérequis sont un niveau lycée validé. Je ne vais pas revenir sur ce que vous êtes censé avoir vu durant vos années au lycée. Comme dit sur le syllabus... nous couvrirons sur ce semestre l'essentiel de la mécanique et de l'électricité.

Il parla encore pendant un bon moment, détaillant précisément son programme, pour que ceux qui n'étaient pas certains d'avoir compris le syllabus, ou ceux qui ne l'avaient tout simplement pas lu, puissent être au courant des spécificités de son cours et des modalités de validation du semestre. Il leur donna aussi l'adresse pour se procurer le livre et le polycopié. Que c'était étrange d'être véritablement là, à enseigner. Il y passerait probablement le reste de sa vie.

Son deuxième cours de la journée portait sur la mécanique et la relativité, et concernait les étudiants de deuxième année. Il avait aussi des cours de mécanique céleste et cosmologie pour les élèves les plus avancés. Finalement, il n'était pas si nerveux que ça. Il parlait de ce qu'il aimait. Après tout, c'était sa passion!

En fin d'après-midi, il avait fini ses tâches académiques et administratives, aussi se rendit-il dans le lycée où enseignait Amber. Elle était devenue professeur de mathématiques. Ils s'étaient rencontrés à Stanford en janvier 2000. Il était doctorant et donnait parfois quelques cours et servait de tuteurs à certains étudiants pour les aider dans leurs tâches universitaires. Elle avait son âge et était alors en stage pour enseigner tout en suivant une maitrise de mathématiques.

Au début, ils ne s'étaient pas tellement entendus. Ils avaient même pensé que leurs caractères étaient incompatibles. Et puis il était assez à cheval sur un principe, on ne sort pas avec une étudiante à qui on donnait des cours. Mais passé quelques mois, ils avaient fini par découvrir que leur apparente mauvaise entente n'était qu'une attirance reniée et quand ils avaient finalement cédé, un soir, pensant à une histoire sans lendemain, cela n'avait été que le premier jour - premier soir - de leur histoire. Et ils ne s'étaient plus quittés.

Bon, ils n'étaient pas d'accord sur tout, et en effet, par moments, ils étaient un peu comme le jour et la nuit. Ils n'avaient pas les mêmes goûts musicaux, ni les mêmes films préférés, elle préférait la littérature française, il préférait la littérature anglaise. Elle aimait le surf, il préférait le base-ball. Et ainsi de suite. Réussir à déterminer une activité qui leur plaisait tous les deux relevait du miracle. Par chance, ils aimaient les maths, les sciences, l'astronomie, la gastronomie, et passer des nuits torrides.

- Alors, comment c'était, aujourd'hui?

- Absolument comme la semaine dernière, Tim. L'impression que je vais devoir sauver le monde et qu'on ne me donne qu'un couteau suisse et un bout de ficelle pour le faire.

- Ha, ben, MacGyver le faisait bien!

- MacGyver n'était pas prof dans le secondaire...

- Tu marques un point!

Ils en rirent et quittèrent l'établissement qui s'était vidé de ses élèves une demie-heure plus tôt et allèrent rejoindre quelques amis dans un pub avec vue sur la baie...

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Dernière édition par Tim Creegan le Lun 17 Juin - 11:42, édité 3 fois
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MessageSujet: Re: Physics 101! [Si Tim ne s'était jamais engagé dans l'armée]   Lun 17 Juin - 11:34

Décembre 2001


Le moment le plus ruineux, semblait-il. Avec la grande famille qu'il avait Tim avait l'impression de dépenser un mois de salaire dans les cadeaux de Noël. Il en fallait pour ses parents, ses frères, belles-sœurs, neveux, nièces, cousins, grands-parents... C'était infernal! Et il fallait contenter tout le monde... ne serait-ce qu'un minimum! Et ne pas acheter les mêmes trucs que l'an passé. Alors le mieux était de ne pas faire de grosses surprises. Il appelait les frangins pour savoir ce que voulaient les neveux et nièces. C'était quand même ingérable!

Heureusement, en dehors du futur cauchemar à Billings, il passait le temps avec Amber. Son anniversaire approchait, et en même temps qu'ils corrigeaient copies et préparaient les cours, ils essayaient de parvenir à un moyen de fêter dignement ses vingt-quatre ans.

- Et chez Frankie's, ce serait sympa, ça, non? Une bonne soirée avec tes meilleurs amis!

- Mouais... c'est pas super super, chez Frankie's... Non, mais je suis un vrai chieur, fais-moi la surprise!

- C'est justement parce que t'es chieur que je te demande! J'ai pas envie de te faire un cadeau que t'aimeras pas!

- Mais venant de toi, j'aimerai forcément, voyons!

Elle laissa ses copies et alla s'installer sur ses genoux. Elle passa les bras autour du cou de Tim.

- L'année dernière? La réservation au Palace? Un vrai fiasco!

- Mais c'était pas ta faute, voyons, tu pouvais pas prévoir que tout serait trop salé!

- Et la soirée chez Max?

- Nan mais... ouais bon, c'est vrai, je suis difficile. Mais y'a trop de bruit.

- Et quand c'est un café jazz et que t'as l'occasion de squatter le piano, t'es content. Seulement quand tu squattes le piano, plus personne n'existe.

Il y eut un grand silence. Il était vrai qu'il était particulier. Il suffisait que l'endroit soit trop ou pas assez éclairé pour qu'il n'aime pas. Qu'il y ait un peu trop de sel pour lui ruiner une soirée. Qu'il y ait un piano de libre pour qu'il oublie le reste du monde. Pourtant, il était sympathique, dynamique, n'était jamais le dernier à faire la fête... mais il avait ses petites manies. Et quand il était dans son monde, sa petite amie faisait figure de fantôme. Il le savait. Il s'en voulait parfois. Il embrassa Amber.

- Je t'aime, tu sais, ça. On n'a qu'à se faire un truc entre nous. Ce n'est qu'un anniversaire, hein, pas une grande cérémonie officielle. Que j'ai vingt-quatre ans ne changera pas la face du monde.

- Une grande cérémonie officielle. T'aimes pas qu'on fête tes anniversaires?

- C'est pas super essentiel.

- T'aimes pas non plus la Saint-Valentin.

- Je préfère penser que c'est tous les jours la Saint-Valentin.

Elle sourit, lui rendit son baiser.

- C'est mignon, mais tu ne le montres pas vraiment.

Il roula des yeux... il sentait venir le topo sur "mais tu pourrais le montrer de temps en temps, t'es pas obligé de m'acheter des fleurs, mais bon quand même hein." Il n'était pas des plus démonstratifs, c'était vrai. Il était assez franc, très honnête, survolté à ses heures perdues, mais sentimentalement, il restait assez réservé. Sauf à la confidence d'un oreiller où sa réserve apparente était mise au placard.

- C'est vrai, je suis désolé.

- Ne le sois pas, t'es comme ça, c'est tout, je te connais. T'aimes pas les trucs officiels. Les traditions, tout ça.

- Pas vraiment, non. Si j'avais aimé ça, j'aurais tout fait comme mes parents et je me serais marié avant d'avoir tout le reste. Tu vois ce que je veux dire.

Il sentait venir le dérapage. Mais peut-être pas. Il serra Amber contre lui et enfouit sa tête au creux de son épaule. Il aimait bien la fragrance qu'elle se mettait. Une petite touche discrète qui sentait bon. C'était un peu sucré, ça ouvrait l'appétit. En fait, elle le savait très bien, il aimait le sucre. Elle faisait son possible pour conserver son intérêt. Il avait tendance à réfléchir un peu trop et à oublier les choses simples de ce monde.

- Donc tu ne veux pas te marier, ni tout ça.

- Ben... heu... tu voudrais te marier?

- J'en sais rien, je n'y ai en fait jamais songé. C'est juste ta remarque sur les cérémonies qui m'y a fait penser. On n'est pas obligé de se marier pour vivre heureux, de toute manière. En dehors de ça, j'aimerais bien que tu me présentes à ta famille, quand même. Nous vivons ensemble, ils doivent bien le savoir.

- Je ne leur ai pas vraiment dit qu'on vivait ensemble.

Elle quitta ses genoux pour retrouver sa place sur le fauteuil, heurtée d'apprendre que Tim n'avait pas dit à ses parents qu'il vivait en concubinage avec ELLE.

- Très bien. Garde tes distances avec tes parents... et si un jour on a un enfant, tu leur cacheras aussi?

- Mais... mais... ça n'a rien à voir! Ils savent que nous sommes ensemble, seulement, ils voient mon mode de vie comme... enfin... pour eux, pour commencer, on ne fait pas sa vie avec une femme sans être marié avec elle, et on ne couche certainement pas avec avant non plus... Ils ont du ma à accepter que je voies les choses de manière différente. J'ai peur qu'ils ne t'acceptent pas.

- Et pourtant, t'as jamais eu peur de leur dire tout haut ce que tu pensais. Pourquoi ce serait différent? Tu es leur fils, et tu le dis toi-même, vous vous aimez malgré vos divergences, alors... Mes parents aussi espèrent me voir me marier un jour, mais ils t'aiment beaucoup quand même.

Tim soupira. Il savait qu'il avait tort. Allait-il inviter Amber pour le nouvel an à Billings? Cela risquait de tourner au règlement de compte. S'il pouvait le supporter tout seul, il ne voulait pas imposer ça à Amber. Il avait l'impression de devoir choisir. Mais bon, du temps s'était passé, et ses parents avaient très bien qu'il menait sa vie comme il le souhaitait, alors il pouvait bien leur présenter officiellement la femme qui partageait sa vie.

Officiellement. Il n'aimait pas ce mot. Il avait l'impression que tout serait incroyablement compliqué. Officiellement, c'était comme être fiancé ou quelque chose comme ça. Ils ne pouvaient être juste amoureux, amants, concubins, sans que ce soit aussi... étiqueté?

- Fais comme tu veux, Tim. de toute façon, tu sais pas faire autrement, dit-elle sèchement en se levant pour quitter la pièce.

Il sentit l'angoisse monter. Il ne voulait rien d'officiel. Rien de rien. C'était peut-être pour ça qu'il ne présentait jamais personne à sa famille. Il leur disait "ouais, j'ai une copine", et ça restait même parfois complètement anonyme. Il s'imaginait que pour ses parents, il avait une vie totalement dissolue. Mais là, il leur avait quand même dit qu'elle s'appelait Amber Williams, qu'elle avait son âge, qu'elle enseignait les mathématiques, qu'elle venait de Pasadena. C'était quand même un sacré pas en avant, ça! Seulement, Amber ne le savait pas. Non, il restait malgré lui distant, dans son monde. En effet, ils n'avaient pas du tout le même caractère!

Le soir, quand il la rejoignit dans leur chambre, il la prit dans ses bras.

- Tu veux venir au nouvel an? Je te préviens, ça risque d'être assez houleux, mais si tu veux venir... après tout, tu as raison, il faut bien qu'ils fassent connaissance de celle qui partage réellement ma vie.

Elle se blottit contre lui, puis recula la tête.

- Réellement? Qu'est-ce que tu entends pas réellement?

Il se sentit un peu con: il n'en avait pas la moindre idée.

- Tu partages virtuellement ta vie avec d'autres?

Au regard qu'avait Amber, il ne savait pas si elle le taquinait ou si elle était fâchée. Il se mordit la lèvre inférieure, nerveusement. Et cela ne fit qu'empirer la situation.

- Tu ne réponds pas. Bien, ça veut tout dire!

Elle se détacha de lui et s'enferma dans la salle de bain. Il alla derrière elle mais il trouva porte fermée. Il frappa deux petits coups sur le ventail. Il devait absolument rattrapé cet impair. Ce n'était pas leur première dispute, depuis le temps qu'ils se fréquentaient, mais leur relation était sérieuse, ils habitaient quand même ensemble, et il ne semblait pas le réaliser.

- Amber... Amber, je suis désolé! J'ai tellement été étonné par la question que j'ai pas su quoi répondre! Mais il n'y a que toi, rien que toi! Je t'aime!

Elle ouvrit la porte et explosa de rire. Un véritable fou-rire. Elle avait le chic pour le faire sortir de ses gonds et il ne savait jamais si c'était sérieux ou une plaisanterie.

- Tu verrais ta tête!

lle se lova contre lui.

- Je le sais, idiot. T'es le seul mec qui se retourne pas sur la serveuse canon, quand on est au pub avec les potes. A croire que t'es gay, en fait...

- Rho ça va... C'était juste une fois, et c'était y'a longtemps!

- Je te taquine, mon grand. T'es si facile à berner, parfois!

Elle lui retira son t-shirt et déboucla la ceinture de son jean. Elle le regardait d'un air gourmand. Oui, il se faisait souvent avoir. Elle était redoutable. Mais elle ne le savait pas encore, elle venait de planter les graines du doute. Rien de grave pour le moment, mais l'avenir dirait le contraire. Pour l'instant, il la serra dans ses bras et partit à l'exploration...

- Et je veux bien venir à Billings pour le nouvel an, souffla-t-elle alors qu'elle le poussait sur le lit.

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MessageSujet: Re: Physics 101! [Si Tim ne s'était jamais engagé dans l'armée]   Lun 17 Juin - 13:07

Mars 2002


Depuis le nouvel an, sa mère l'appelait un peu plus régulièrement, pour lui demander comment ça allait avec Amber et s'il contait un jour l'épouser, histoire de régulariser la situation, et parce que de toute manière, quand on aime, on épouse. Ses parents avaient apprécié Amber, mais ils commençaient maintenant à vraiment lui courir sur le haricot. A un point qu'il regrettait presque de leur avoir présenté. Heureusement, il avait une vie bien remplie. Assez remplie pour accaparer son esprit la plupart du temps. Mais le reste du temps, il se sentait tiraillé entre ce qu'il voulait faire, pouvait faire, devait faire. Ses frères étaient mariés, heureux, pères de famille, tout allait bien dans le meilleur des mondes possibles. Il sentait la pression. Et en plus de ça, ils n'étaient pas du tout d'accord sur la politique menée par leur président. Ses parents approuvaient, lui récusait.

Mais un autre problème se profilait. Celui de l'opportunité d'être visiting professor à Oxford, au Royaume Uni. Il en avait souvent rêvé, à vrai dire. Et pour une fois que l'occasion se présentait, les circonstances faisaient que ce n'était pas forcément possible. En rentrant de l'université, un soir, il passa devant une antenne de l'armée de terre. On recrutait. Vu ce qu'il se passait au Moyen Orient, rien d'étonnant. Mais il fut surpris de voir des jeunes  pousser la porte... Par curiosité, il entra aussi. Juste avant la fermeture. Il prit quelques dépliants...

... Qu'il jeta dans la poubelle en chemin. Il les avait parcourus, et se demandait encore comment on pouvait signer pour une guerre... Pourtant, ce n'était pas la première fois qu'il passait devant cette antenne... et il devait bien se l'avouer que partir en Afghanistan, ça ferait taire certains, et résoudrait pas mal de problèmes. Oui... Il se sentait parfois si inextricablement empêtré dans ses problèmes familiaux...

Arrivé chez lui, il trouva Amber installée dans un fauteuil avec un manuel de mathématique pour les classes de sénior. Elle préparait son cours. Elle était belle, avec ses lunettes savamment posées sur son nez, le stylo dans la bouche, penchée sur ses feuilles. Cet air sérieux lui donnait un air irrésistible. Somme toute, Tim l'aimait pour son intellect, son humour, et pas seulement pour son physique, qui était très agréable tout de même, il n'allait pas cracher dessus.

Il posa son sac à côté du canapé et s'y installa. Elle leva la tête et lui sourit.

- Bonne journée? demanda-t-elle.

- Oui, comme ça... et toi?

- Oh tranquille, j'ai presque fini de préparer mes cours pour la fin de l'année. Tu as l'air soucieux.

- J'ai... j'ai reçu une proposition pour Oxford.

Il ne savait pas comment elle prendrait la nouvelle. Elle lui sourit, intriguée.

- Oxford, comme Oxford, United Kingdom?

- Oui. Pour être professeur l'année prochaine. J'avais envoyé une candidature il y a deux ans, pendant mon doctorat, et ils m'avaient dit qu'ils me contacteraient si jamais... ben apparemment, maintenant, je les intéresse.

- Mais...?

Elle sentait venir le dilemme, elle aussi. Il soupira.

- Mais je peux pas partir maintenant, alors que tu est dans un moment décisif de ta carrière. Cela voudra dire passer la moitié du temps à presque l'autre bout du monde. Loin de toi.

- Mais...?

-... mais... je rêve d'y aller depuis des années! Je me dis que si je les intéresse maintenant, je pourrais toujours les intéresser dans cinq ans, et si tu le souhaites, tu auras assez d'expérience pour trouver un emploi là-bas aussi. Je sais pas... C'est...

Compliqué. La vie à deux était une suite perpétuelle de concessions. Amber posa son livre retira ses lunettes et vint s'installer à côté de Tim. Elle posa une main sur son genou.

- Ce n'est pas une vie loin de l'autre à mi-temps qui va nous séparer, tu sais. Tu pourras revenir régulièrement, je suppose.

- C'est quand même assez cher, de faire un voyage aller simple, alors aller-retour... c'est pas comme si on faisait San Francisco - Los Angeles. Je pourrai pas revenir toutes les semaines, peut-être même pas tous les mois... peut-être que je ne pourrais revenir qu'une ou deux fois dans l'année, on ne sait pas. Genre à Noël et au printemps.

- Tu as jusqu'à quand pour te décider?

- Avril. Ils font leurs recrutements et les programmes pour la prochaine année... Je ne sais pas quoi faire. Et ma mère qu'arrête pas de me prendre la tête!

Il soupira et se laissa aller en arrière, sur le dossier du canapé et regarda le plafond. Il était coincé entre une petite amie, une famille pesante, et une occasion en or. S'il ne prenait en compte que le professionnel, il signerait tout de suite et partirait sans regarder en arrière. Mais il était amoureux d'Amber, et elle avait voix au chapitre. Ils étaient en couple. Ils vivaient ensemble. Les décisions se prenaient à deux. Et ses parents qui voulaient le marier... ils étaient fous. Déjà que la vie de couple, c'était la fin de la liberté... le mariage ne ferait que l'enterrer.

Il se sentit mal de penser ça. Il avait peur de ce que ça signifiait. Etait-il un salaud inside? Une espèce d’égoïste qui regrettait d'être en couple? Non. Quand même pas. Il tourna la tête vers sa petite amie. Ils avaient beau avoir des différends, elle était toujours encourageante. Il lui sourit. Il lui vint à l'esprit que s'il l'aimait, il ne l'aimait pas autant qu'il avait aimé Amelia. Ce constat lui déchira le cœur. Il ne sut pas ce qu'Amber lut dans ses yeux, mais elle le prit dans ses bras et chuchota quelques mots.

- Tu es brillants, Tim. Et je t'aime. Si tu souhaites partir, vas-y, c'est une occasion à ne pas rater, tu les intéresseras peut-être dans cinq ans, mais tu ne sais pas où tu seras, ni s'ils te proposeront cette offre deux fois. Et dans un an, tu regretteras déjà de ne pas avoir saisi cette chance.

Il ne répondit rien. Il avait les yeux humides. Pourquoi ne l'aimait-il pas autant qu'elle le méritait? Enfin, il l'aimait quand même. Beaucoup. Enormément. Il ne vivrait pas avec elle, sinon. Il l'embrassa avec dans la tête une idée pessimiste: il restera pour elle, et il le regrettera. Il ne devait pas penser ainsi, mais ce qu'elle venait de lui dire lui donnait cette impression.

Une semaine plus tard, il repassa de nouveau devant l'antenne de l'armée. Il venait de raccrocher au nez de sa mère et de fourrer son mobile dans la poche de son blouson. Il n'avait pas reparlé d'Oxford avec Amber, n'avait rien dit à ses parents, qui lui disaient que quand même, ça ferait bientôt deux ans qu'il était avec Amber, et que ce serait bien qu'ils viennent pour Pâques... Il avait l'impression de trahir tout le monde, de décevoir tout le monde. Qu'il parte ou qu'il reste ne changerait rien. Ses parents étaient déçus de son attitude, Amber serait déçue de son choix, et il serait déçu de ses actes manqués.

Sa mère rappela. Elle l'engueulait pour lui avoir raccroché au nez. "C'est pas comme ça que je t'ai élevé! Tu te fiches vraiment de ce qu'on a fait pour toi!" Et tout un tas de paroles, qui, mises les unes à la suite des autres, disaient qu'en gros, au lieu de faire n'importe quoi, il pourrait faire quelque chose d'important, quelque chose de valeur, que de jeunes Américains mourraient tous les jours en Orient, pour la Patrie, et que lui trahissait Dieu.

Il entra dans l'antenne pour la deuxième fois et commença à remplir les papiers de candidature pour l'enrôlement. Finalement, il se dit qu'il était con, un crétin, un idiot, et que ça servait à rien de s'engager. A quoi bon? Ses parents ne l'approuveraient jamais, et qu'il aille crever là-bas n'arrangerait rien. Ils pourraient même pas se dire qu'il était mort pour la bonne cause. Non, il serait encore l'idiot qui faisait le mauvais choix. Il en avait marre de lutter contre. Toute une vie à essayer de convaincre ses parents que c'est pas parce qu'on sort de la religion qu'on devient un terroriste ou un débauché, un junkie ou raté. Il en avait marre de se sentir comme ça. Il était athée, et tout ça ne faisait aucun sens pour lui. Mais il était égoïste et il refusait la religion et les traditions tout comme sa famille refusait son athéisme et son mode de vie.

Il déchira le formulaire et le jeta à la poubelle. Ce n'était qu'un mauvais jour, c'était tout. Mais ça faisait des années qu'il se sentait de plus en plus mal. Il s'était éloigné d'eux pour survivre, pensait-il, et même à distance, ils trouvaient le moyen d'empoisonner son existence. Et pourtant, il les aimait. Il essayait régulièrement de mettre de l'eau dans son vin, de présenter des excuses, de leur dire qu'il était désolé et qu'il voulait que tout aille bien. Et ils répondaient, "c'est bien fiston, si tu venais au séminaire avec moi, ça nous rapprocherait." Alors forcément, il refusait, hors de question de faire un séminaire sur Dieu. Il avait plutôt pensé à une visite dans un musée, un après-midi en famille, quelque chose comme ça.

Il appela son père.

- On s'aime, mais on se comprend pas, on ne s'accepte pas, et on se fait mal.

Et il raccrocha. Il n'avait rien d'autre à lui dire. Il était sur les nerfs. Il était chamboulé. Plus il y pensait, moins il aimait qui il était. Quand il regardait en arrière, il voyait la vie d'un petit con qui avait pourri sa propre existence au lieu de laisser couler. C'est bien beau d'être rebelle, mais une rébellion sans résultat, c'est comme se tirer une balle dans le pied. Et qui était-il pour vouloir révolutionner son monde? Non, décidément, il n'aimait pas tellement l'adolescent qu'il avait été, ni l'adulte qu'il était devenu. Instable, survolté, amer. Ces dernières semaines étaient difficiles. Et l'offre pour Oxford n'avait fait que lui ouvrir les yeux sur le misérable être humain qu'il était.

Il songea alors à remplir un autre formulaire. Il en prit un dans la pile et le plia pour le mettre dans sa poche. Il était en bonne santé, il le savait, il serait probablement engagé. Avec son bagage académique, il serait officier, et après une formation, il serait envoyé là-bas, avec d'autres comme lui... Et avec un peu de chance, il pourrait tirer un trait sur son existence. Mais il ne le fit pas. Il rentra chez lui et s'effondra sur son lit en pleurant.

Amber rentra une heure plus tard, elle avait eu une réunion au travail ce qui l'avait fait quitter le lycée plus tard que d'habitude. Quand elle vit Tim affalé sur le lit, les yeux gonflés d'avoir pleuré, elle pensa au pire... c'est à dire qu'il était arrivé malheur dans sa famille. Elle se précipita à ses côtés, il se pelotonna contre elle.

- Suis-je mauvais? Je ne fais que du mal autour de moi.

- Mais non, Tim, voyons, t'es le mec le plus gentil que j'ai rencontré!

- Mais je ne fais que les mauvais choix. Je ne fais que lutter contre. Je ne fais que souffrir mes parents. Je dois être mauvais. Sur cinq fils, il en fallait bien un qui déraille et fasse n'importe quoi...

- Tim... de quoi parles-tu? Il s'est passé quelque chose à Billings?

- Ils ne m'aiment pas... Je fais rien comme ils l'attendent. Et je ne veux pas me marier. Je suis désolé, Amber, je ne veux pas t'épouser.

- Tim...

Elle en avait les larmes aux yeux. Elle ne l'avait jamais vu dans cet état. Elle ne l'avait jamais pensé aussi fragile et blessé, lui qui semblait si sûr et fort d'ordinaire.

- Tim, je ne t'ai jamais demandé de m'épouser, et je m'en fous si on ne se marie pas, je te l'ai dit, on peut être heureux sans se marier. Tu peux faire ce que tu veux. Et je le répète, si tu veux aller à Oxford, vas-y, c'est l'occasion d'une vie, tu reviens deux fois dans l'année, j'irai te voir deux fois dans l'année aussi, et quand on se verra, ce sera tellement bien qu'on aura assez d'énergie pour patienter jusqu'aux prochaines retrouvailles.

- Mais... 4 fois en dix mois, c'est tellement peu... et si ça ne marchait pas, et si on se séparait? Et si tu trouvais quelqu'un d'autre? Et si je trouvais quelqu'un d'autre? Et puis ça changera rien au fait que je suis un fils indigne et que j'ai tout gâché.

- Mais voyons, ils t'aiment... c'est pour ça qu'ils s'inquiètent pour toi.

Elle le prit dans ses bras et l'aida à se relever un peu. Se faisant, sa main glissa vers la poche et trouva le formulaire plié dans la poche. Elle le déplia et le lut. Alors, ni une ni deux, pure réaction, elle colla une gifle magistrale à Tim.

- Tu n'as pas le droit de me faire ça!

Et elle quitta la chambre en lâchant le papier. Tim le ramassa... Il n'était pas rempli, mais c'était assez clair sur ce qui lui était passé par la tête. Et cela ne fit que confirmer ses peurs. Il se releva complètement et rejoignit Amber dans le salon. Elle pleurait.

- Je suis désolé, Amber... je... je compte pas m'enrôler.

- Mais t'y as pensé assez fort pour y aller et prendre un formulaire!

- Je... oui, c'est vrai. J'en ai même rempli un mais je l'ai déchiré et jeté.

- Oui, alors t'en as pris un de rechange, dès fois que cette fois, tu le rendrais... tu sais ce que ça veut dire?

- Je...

- T'es un crétin, Isaac. Ca veut dire partir à la guerre, pour une cause à laquelle tu ne crois pas! Et je te signale que tu as signé un souhait de non réanimation, hein, tu sais ce que ça veut dire? Ce veut dire que si t'es assez blessé pour passer l'arme à gauche, on ne te sauvera pas! Et tu finiras tout seul, comme un con, dans un pays où tu n'as rien à y faire, pour des raisons qui sont loin d'être bonnes! C'est comme ça que tu veux qu'on se souviennes de toi? L'homme qui a été assez con pour se suicider en Afghanistan?

Tim était abasourdi. Non seulement il avait la trace des cinq doigts sur sa joue gauche, mais en plus, il se prenait un sermon digne de son père.

- Je... non... je... c'est pour ça que j'ai déchiré le...

- Et ce papier, c'est quoi? L'option B?

Elle se leva, se planta devant lui et plongea ses yeux noirs sans les prunelles bleues de son imbécile de petit ami. Il se sentit ridicule, mal dans ses baskets.

- Va voir un psy, Creegan. Fais quelques prières, même pour de faux, si ça les arrange, on s'en fout si t'y crois pas. Je sais que tu refuses de mentir. Mais parfois, y'a des petits mensonges qui simplifient l'existence. Ton problème, c'est pas que tu sois mauvais. T'es ordinairement un mec bien, Creegan. un peu à l'ouest, parfois pas tellement attentionné, mais on va pas te refaire. Ton problème, c'est ton honnêteté et ta franchise. T'as l'impression que si tu ne balances pas la vérité, le monde va s'écrouler. Alors oui, t'as un peu gâché la situation, parce que t'es incapable de fermer ta gueule et de laisser couler quand c'est nécessaire.

Elle posa une main sur sa joue et la caressa. Son regard s'adoucit un peu. Avant de l'embrasser, elle n'ajouta qu'une phrase.

- Et si tu me faisais l'amour, là? J'en ai grandement envie et t'en as bien besoin...

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Tim Creegan
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MessageSujet: Re: Physics 101! [Si Tim ne s'était jamais engagé dans l'armée]   Lun 17 Juin - 16:27

Novembre 2002


Profiter d'une conférence tous frais payés pour retourner au pays un mois avant la date prévue, même si ce n'était que temporaire, c'était bien agréable. Aussi Tim se trouvait-il en ce jeudi de novembre à New York. Il était l'un des intervenants, parmi d'autre physiciens. Il restait deux jours à New York, puis passait le weekend à San Francisco pour voir Amber, pour ensuite repartir à Oxford. Son couple tenait bon. L'éloignement avait été difficile au début, mais finalement, il s'était habitué, puis ça ne faisait que trois mois qu'il était à Oxford.

Il adorait cette ville, cette université. Il adorait le Royaume Uni. Il avait eu l'occasion d'aller en Ecosse, de fouler la terre de ses ancêtres. Il avait vu Elgin! Il avait pris plein de photos, avait parlé à plein de cousins éloignés. Il avait envoyé tout ça à ses parents. Il était heureux. Il ne s'était jamais senti aussi bien. Mais à l'approche de l'automne, l'absence d'Amber se faisait sentir. Ils utilisaient Skype tous les jours, mais ça ne remplaçait pas une présence physique! Et puis avec le décalage horaire et leurs boulots, c'était difficile de rester connectés longtemps au même moment.

Pour ça que présentement, alors qu'il avait fini de parler sur la formation des trous noirs, il se prit à rêver à ce weekend à San Francisco. Il retrouverait les sourires, la voix, les bras d'Amber. Oui, l'aspect physique de leur relation lui manquait aussi, et à présent qu'il était si proche, il ressentait ce désir.

Mais en sortant de la salle de conférence pour aller se chercher un sandwich, quelqu'un l'appela. Une voix féminine qui semblait venir... d'entre les morts. Il se retourna. Oui, c'était bien elle. Amy. Amelia Spencer. Ils ne s'étaient pas vus depuis...bien des années. Depuis qu'ils avaient tous les deux quitté Billings pour vivre loin l'un de l'autre.

- Amy... quel hasard!

- Oui, enfin... pas tellement. J'ai lu dans le programme que tu donnais une conférence, alors je suis venue.

Cela lui fit quelque chose. Il ne savait pas quoi en penser. Au tout début, il avait tout fait pour l'oublier, il était même allé dans les bras d'un garçon... mais il avait mis du temps pour tourner la page. Une histoire de trois ans qui s'était terminée tristement. Pourquoi venait-elle maintenant? Pensait-elle "tiens, il est là, si j'allais lui dire bonjour, ça fait longtemps!" Amy dut lire son trouble, elle baissa les yeux. C'était quand même qui avait décidé de rompre et de couper les ponts pour qu'elle puisse tout recommencer à zéro. Pas facile de perdre un père, non. Pas facile de faire les bons choix non plus quand on souffre et qu'on est si jeune.

Si jeune. Ils avaient vingt-quatre, vingt-cinq ans à présent. Ils n'étaient plus ces adolescents inexpérimentés qui avaient tout découvert ensemble. Elle faisait son âge, pourtant, elle n'avait pas vraiment changé. Elle faisait juste plus femme. Elle était toujours aussi attirante. Il s'en voulut de le penser.

- Est-ce que tu vas bien? demanda-t-il.

- Oui, ça va, et toi? J'allais dire, qu'est-ce que tu deviens, mais c'est assez évident. Mais j'ignore ton parcours.

Il se garda bien de répliquer "ben t'avais qu'à pas couper les ponts et tu l'aurais eu, mon parcours!" Il était finalement encore assez en colère contre elle. Juste un peu. Pourtant, à l'époque, il avait tout accepté, par amour pour elle. Il l'avait laissée partir, il avait dit OK. Il avait pleuré, mais il lui avait souhaité bonne chance et ne l'avait plus jamais revue. Peut-être qu'elle avait voulu qu'il la retienne, qu'il lui prouve qu'il était là pour elle au lieu de la laisser partir sans rien dire. Mais il ne pouvait pas le savoir. Il lui sourit quand même.

- Stanford. San Francisco. Oxford. Comme ça.

- Je me souviens que tu me parlais de l'Angleterre quand nous étions ados. Tu... tu as un peu de temps pour déjeuner? Je dis retourner à ma galerie cet aprèm, mais je peux prendre un café.

Il hésita un peu, et elle le vit. Elle pouvait comprendre.

- Ok. Oui, j'ai du temps. D'autant plus que je ne suis plus tenu de rester, j'ai fini de parler, si je veux partir, je pars...

Mais il allait rester, parce qu'il était payé pour et que ça l'intéressait. Et ça aussi, ça transparaissait dans sa voix. Quelques griefs, encore. Ils quittèrent le bâtiment et s'installèrent dans un café au coin de la rue. New York. Ses parents l'avaient empêché d'y aller, à une époque. Il aimait bien la ville, mais pas tant que ça. Surtout depuis qu'il avait Oxford.

- Alors, que deviens-tu? Tu es devenue peintre?

- Je pensais vouloir devenir peintre, mais j'ai quand même fait des études d'art, et là, je travaille dans une galerie contemporaine dans le quartier, c'est pas mal.

- Pas mal? Tu n'es pas satisfaite?

- Oh, si, si!

Elle avait toujours la même voix, en à peine plus mâture. On aurait dit un spectre. Cela le ramenait sept ans en arrière. Il repensa à leurs histoires, à leurs étreintes. Il se rendit compte qu'il n'avait pas tout à fait tourné la page. A la regarder, comme ça, il sut qu'il la désirait. Il cessa de la regarder. C'était mal. Il avait Amber, il était amoureux d'elle. Il n'avait pas le droit de faire ça, ni même de le penser.

- Alors comme ça, t'es en Angleterre, maintenant.

- Hé oui.

Une partie de lui songeait à sa chambre d'hôtel, à Amy, nue sur le lit, et à lui, prenant possession de son corps... Il but son verre d'eau d'une traite. Pourquoi était-elle venue? Elle était en train de tout démolir, à nouveau. Et ils ne semblaient pas avoir grand-chose à se dire. Peut-être qu'elle voulait s'expliquer? Peut-être qu'ils pouvaient poser cartes sur table et partir chacun de leur côté. ce serait pour le mieux.

- A part ça? demanda-t-il. Tu fais ta vie ici, c'est bien, c'est une chouette ville.

- Oui. Je...

Elle le regarda dans les yeux... Ce même regard qui avait su l'attendrir et lui apprendre le désir. Il détourna les yeux. Il n'aurait jamais imaginé ressentir ça. Pas comme ça. Pas ici, pas maintenant.

- Tu as coupé les ponts, lâcha-t-il enfin. J'ai respecté ton vœu, je t'ai laissée partir, je pensais que c'était ce que tu voulais, tout reconstruire de zéro, ailleurs, sans moi. J'ai rien dit, rien fait. Pourquoi maintenant?

Elle se recula un peu sur sa chaise et détourna elle aussi le regard. Oui, il lui en voulait encore, et elle pouvait le voir. Elle était hésitante.

- Je... Je pensais qu'avec le temps, ça irait bien, qu'on pourrait se parler normalement.

- J'aurais accepté Columbia si tu m'avais demandé. J'aurais fait mes études ici. je t'aurais accompagnée. Je t'aurais soutenue. Mais tu ne l'as pas fait et j'ai accepté Stanford, que je voulais de toute manière, c'était dans mon trio de tête, et je suis allé en Californie, seul. Je suis même allé avec un mec pour voir si ça me passerait l'envie de passer à toi.

Il déballait tout ce qu'il avait sur le cœur. Il l'avait tant aimée que ça le rendait malade de la voir.

- Je... Tim, s'il te plait, ce n'est pas facile... je... j'étais enceinte.

Et là, il y un grand silence. Enceinte. Il l'avait mise enceinte. Etait-il père, à présent? Avait-il un gosse quelque part, qu'un autre homme avait peut-être élevé comme son fils? Ses mains se crispèrent sur sa cuiller. Il n'en revenait pas. La journée avait pourtant si bien commencé.

- Tu étais enceinte... de moi? Et tu n'as pas pensé à m'inclure dans l'équation?

- J'avais peur et... et j'ai fais une fausse couche... quand j'ai voulu t'en parler c'était trop tard. Et... puis quelque chose s'était brisé. Tu te souviens de cette nuit... la seule fois où nous n'avions pas fait attention?

Il se passa les mains sur le visage. Il avait envie de pleurer à présent. C'était pour ça qu'elle n'avait plus voulu le voir. Pas simplement parce que son père était mort. Elle avait dû, en plus de ce deuil bien difficile, surmonter sa grossesse inachevée... Il ne savait plus s'il était triste pour elle ou en colère. Il était confus.

- Alors... alors c'était pour ça... tu ne m'a rien dit, j'ai tout accepté, alors que j'étais près tout laisser derrière moi pour toi. Je t'aurais épaulée. Pourquoi maintenant?

- Tu... je m'en suis longtemps voulu. Et tu méritais de savoir... mais il m'a fallu du temps pour avoir le courage d'oser seulement aller vers toi.

Ils restèrent silencieux durant le reste du repas et ils quittèrent le café. Ils allèrent se promener un peu dans Central Park. Ils mirent du temps à se parler à nouveau. Ils marchaient l'un à côté de l'autre, et essayaient de panser les blessures du passé. Mais apprendre ça ne pansait rien, bien au contraire.

- Je dois bien retourner à la conférence, et je dois aussi appeler Amber. C'est ma... compagne.

Il s'en voulu d'avoir hésité sur le mot compagne. Il s'en voulut aussi de lui balancer cette phrase. Cela ressemblait à un truc du genre "ouais, bon voilà, mais j'ai fait ma vie, au revoir". Ce n'était pas très sympathique. Mais il sentait que ce serait très difficile de la quitter s'il ne le faisait pas maintenant.

- Oh, OK, je comprends. Je voulais juste te parler un peu, c'est tout. Tu sais, moi aussi, je suis en couple...

- C'est... c'est bien.

Comme ça, ils risquaient moins de déraper sachant qu'il y avait les partenaires dans l'équation. Célibataires, ils se seraient peut-être jetés l'un sur l'autre.
Ils marchèrent le long du Parc, le quittèrent et déambulèrent dans les rues, en silence. C'était étrange de se retrouver là. Il avait son téléphone portable dans la poche de sa veste, et il pouvait appeler Amber à tout moment. Il pouvait aussi l'appeler plus tard, rien ne pressait. Et il était en retard pour le début de la conférence suivante.

Et il le savait. Et il s'en voulait. Finalement, il arrivèrent au coin d'une rue, n'importe laquelle, ils ne regardaient pas les panneaux. Ils se firent face.

- Je dois y aller, je suis déjà en retard, dit-il.

- Ok... je dois y aller aussi...

Ils se regardèrent. Une fraction de seconde. Et leurs lèvres se retrouvèrent, et la passion les dévora. Il se sentait coupable, il savait que c'était mal, il n'avait pas le droit de faire ça à Amber qui attendait son appel entre deux cours. Mais tout son être réclamait Amy. Ils se dépêchèrent de rejoindre son hôtel. A peine la porte fermée derrière eux, ils se jetèrent l'un sur l'autre, se débarrassèrent de leurs vêtements, s'embrassèrent, se combinèrent, dans une frénésie qu'ils n'avaient jamais connue quand ils étaient adolescents. Ils retrouvaient leurs corps, leurs caresses, leurs goûts... mais avec leur expérience d'adultes.

Et ce fut incroyablement bon. Divin, exquis. Apocalyptique. Ils passèrent l'après midi à se chevaucher comme si leurs vies en dépendait. Et plus tard, alors qu'il prenait une douche pour se laver de ces actes, il se sentit à moitié apaisé. Comme s'il avait définitivement fermé un livre. Il quitta la salle de bain et retrouva Amy, qui se rhabillait. Elle avait les cheveux encore mouillés. Elle était là, belle, un peu fragile, et il sut que cette fois, c'était bon. Plus rien ne pouvait arriver désormais. C'était la dernière fois qu'il voyait Amy, qu'il touchait son corps, entendait sa voix. Elle aussi le savait. D'ailleurs, ils ne se parlèrent pas. Ils quittèrent l'hôtel et partirent chacun de leur côté, comme si rien ne s'était passé.

Mais la culpabilité le rongeait. Quand vint le soir, il alluma son téléphone et découvrir cinq appels manqués et trois messages. Il retourna dans sa chambre, s'affala sur une chaise. Il composa le numéro d'Amber. Il se détestait. Amber avait tout fait pour lui, l'avait soutenu jusqu'au bout. Et c'était ainsi qu'il la remerciait? Mais quel être exécrable il était!

- Amber...?

- Tim! Tu as eu un problème de batterie? Tu vas bien?

- Je... je...

Il ne pouvait pas taire ça. Mais il ne pouvait pas le confesser par téléphone.

- Tim?

- Je...

Il posa sa main sur sa bouche pour étouffer un sanglot. Il n'avait jamais trahi quelqu'un. Jamais. Et aujourd'hui...

- Tim, ça ne va pas?

Elle commençait à s'inquiéter au bout du fil, bien naturellement.

- Je...

Ne te mérite pas
Suis un connard
Suis complètement paumé
Ne t'aime pas autant que je l'aurais voulu.


-... suis désolé... je n'ai pas eu tellement de temps. On se voit demain soir.

Et ils allaient avoir une sacré discussion, le lendemain soir...

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MessageSujet: Re: Physics 101! [Si Tim ne s'était jamais engagé dans l'armée]   Lun 17 Juin - 17:29

Mai 2003


C'était un de ces moments où ils se voyaient. Le mois de décembre avait été particulier, assez tendu, à cause des actes de Tim, et ils avaient rompu brièvement, pour retourner ensemble en janvier. C'était bizarre, parce que Tim savait que ça finirait mal, il ne savait pas pourquoi il s'obstinait. Elle finirait par se lasser ou à souffrir de son attitude, même s'il n'avait plus jamais mis les pied (et le reste de son corps) dans d'autres draps.

En ce vendredi de début mai, il était de retour pour une semaine. Il retrouvait l'appartement de San Francisco, ses marques. Et Amber. Si elle lui avait pardonné son écart de conduite, il ne savait pas dans quelle mesure. Leur relation n'était plus comme avant; Ils se faisaient confiance, vivaient "ensemble" mais à distance, mais, au fur et à mesure, il semblait que la passion n'y était plus... malgré leurs étreintes enflammées, elle n'avait jamais vraiment été là. Mais c'était peut-être l'éloignement qui engendrait ce sentiment d'essoufflement.

Il arriva de bonne heure l'après midi, Amber était déjà rentrée. Ils s'embrassèrent brièvement et se posèrent dans le canapé. C'était... reposant. Sympathique. Gentil.

- Le voyage s'est bien passé?

- Tranquille.

- T'as beaucoup de boulot?

- Des copies à corriger pour la semaine prochaine.

La conversation n'était pas bien passionnante ni passionnée. Ils soupirèrent. Peut-être qu'ils étaient bel et bien arrivé à la fin de leur voyage. Trois ans qu'ils étaient ensemble. Trois ans, chiffre fatidique. Etait-ce le mieux qu'il pouvait faire. Il soupira. Ils se regardèrent dans les yeux et ils surent que c'était vraiment fini.

- Je suis désolé.

- Je sais. Moi aussi.

Ils n'étaient pas aussi tristes qu'ils l'auraient pensé, en faisant ce constat. Cela les troubla.

- Ce n'est pas ta faute, Amber. C'est moi. Je suis juste...

- T'es juste pas là. Mais même quand t'étais là, tu n'étais pas toujours "présent". Cette fille, Amy...

- J'aurais tout fait, pour elle. Je suis désolé, c'est...

- Chaque histoire est différente, Tim. Je comprends... ce que tu as ressenti pour elle, je l'ai ressenti pour toi. Et j'ai fait mon possible. Mais, quand plus rien n'y est... plus rien y est, et il faut tourner la page. Je me suis raccrochée, mais cette fois c'est bel et bien épuisé...

Il posa une main sur sa joue. Elle était douce.

- Je te rends ta liberté, Tim. T'es pas fais pour te caser, au fond. Pas depuis que tu as perdu Amy, en tout cas. Il y a des histoires qui marquent, et je ne suis pas dans la tienne. C'est comme ça. Mais ne t'en veux pas trop, toi aussi, tu as fait ton possible.

- Je n'aurais pas dû coucher avec elle.

- Non, mais ça n'aurait rien changé entre nous, parce que tu n'y es plus depuis longtemps. Au moins, ça t'as permis de tourner une page et d'avancer.

- Comment tu peux être aussi calme et compréhensive? Pourquoi est-ce que je ne t'aime pas autant?

- C'est comme ça, Tim. C'est la vie. Tu trouveras peut-être quelqu'un qui dépassera ce qu'Amy a été pour toi. Je te le souhaite.

- Et j'espère que tu trouveras quelqu'un qui dépassera ce que j'ai été pour toi. Tu mérites bien mieux, tu sais. T'es vraiment une fille géniale. Si seulement...

- Si seulement tu avais été vraiment amoureux de moi. Mais ne t'en fais pas, on a quand même eu une belle histoire. Et j'aurais eu le privilège d'agacer tes parents, c'est pas rien.

Ils s'embrassèrent tendrement. Un baiser mi-amoureux, mi-amical. Il se sentait mal que ça se finisse comme ça. Il avait la sensation de tout gâcher. Encore une fois. Il gâchait presque tout, pensait-il. Il exagérait, bien entendu. Amber faisait partie du passé de son périple. C'était peut-être une parenthèse. Une belle parenthèse. Il la serra dans ses bras.

- Tu peux garder l'appartement, tu sais. J'ai peut-être l'occasion de rester en Angleterre. Je vais mettre mes affaires ailleurs...

- Tu n'es pas pressé, Tim. Je vais pas installer mon amant qui se cache sous le lit du jour au lendemain.

- Parce que t'as un amant?

- Même pas. Alors t'es encore moins pressé!

- C'est dommage de t'aimer autant, mais pas comme il faut.

Elle rit doucement à cette boutade. Elle avait commencé à tourner la page durant son absence. Lui parti, c'était beaucoup plus simple de se faire à l'idée de que c'était fini. Ce qui fait que cette rupture ne donnait qu'un air officiel à un état de fait déjà établi depuis des semaines dans sa tête. C'était aussi derrière elle.

- Tu peux rester ici tant que tu veux, hein, je te mets pas à la porte.

- Merci. Je m'occuperais de la paperasse, et tout ca, lundi. Comme ça, tout sera fait avant mon départ pour Oxford et ce sera officiellement chez toi et Oxford sera officiellement chez moi.

- Tu comptes vraiment rester là bas?

- C'est vraiment génial, là-bas. Et je vais en Ecosse dès que je veux.

- T'as rencontré une Ecossaise?

- Des tas, ça court les rues, t'imagines même pas.

Ils rirent encore un peu. Malgré cet écart de conduite en novembre, elle le savait sérieux et fidèle. Elle n'était seulement pas la femme qui vieillirait avec lui. Mais elle avait vécu de bons moments en sa compagnie. Ils s'embrassèrent encore un peu. Puis il décida d'aller faire un tour en ville pour la laisser respirer. Ce n'était pas sérieux de se bécoter quand on venait de rompre.

A peine la porte de leur appartement passée, il tomba nez à nez avec un duo de militaires.

- Heuuu, je crois que la gay pride, c'est à l'étage du dessus...

L'homme haussa un sourcil. La femme sourit. Ils lui tendirent la main, qu'il serra sans vraiment savoir ce qu'ils voulaient.

- Docteur Isaac Creegan, physicien à Oxford?

- Heuuu... Oui...

- Samantha Carter, US Air Force.

- Heu oui, mais que puis-je pour vous?

- J'aimerais vous parler de trous noirs...

Tim était assez incrédule, là. Il referma la porte derrière lui et il emmena les deux militaires dans son sillage. C'était un peu improbable que l'armée de l'air veuille l'entretenir de trous noirs. Une fois dehors, il leur parla.

- Vous comptez bombarder le Moyen Orient avec des mini trous noirs?

- Non, en fait il s'agit de...

Sur le moment, Tim coupa court à la conversation. Il ne voulait pas entendre parler de l'armée et faire partie d'un projet top secret ne lui disait trop rien. Il ne voulait pas que le gouvernement récupère des idées pour en faire des armes. Ils respectèrent sa décision et le laissèrent tranquille. Il passa la soirée au pub avec ses amis. Il leur apprit qu'Amber et lui avaient rompu mais qu'ils restaient amis. Ils burent jusqu'à pas d'heure et il passa la nuit sur le canapé de Jake, un pote de Stanford.

Il retourna à Oxford le cœur un peu plus léger. Il lui semblait qu'il avait résolu pas mal de problèmes et conflits. Lui restait à régler ses relations houleuses avec ses parents, mais ça, c'était pas demain la veille tant qu'ils n'accepteraient pas que leur fils mène la vie qu'il souhaitait. Et il rempila pour une deuxième année à Oxford, tout en passant pas mal de temps à Glasgow et à Elgin. Il écrivait souvent à ses parents et à ses frères. Il ne s'en doutait pas encore, mais un an après leur première rencontre, il recroiserait la route de Carter. Et cette fois, il accepterait...

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